J’ai toujours eu un problème avec les phénomènes de mode. Sans doute un sursaut d’orgueil mal placé, mais je n’arrive que difficilement à me joindre aux grands mouvements populaires, sauf lorsqu’ils sont indiscutables comme le succès de Thriller, l’horreur du 11-septembre ou les élans solidaires après le Tsunami.
Pour Avatar, en revanche, je suis plus circonspect. A l’évidence les images sont magnifiques, mais cela fait un moment que l’on sait qu’une image somptueuse ne suffit pas à faire une oeuvre inoubliable. Sinon les plans au ralenti sur Erika Eleniak auraient suffi à faire un chef d’oeuvre d’Alerte à Malibu.
(Ne lisez pas plus loin si vous comptez aller voir le film)
L’histoire d’Avatar, vous la connaissez. Si vous avez déjà vu un épisode de Georges de la Jungle, vous serez familier de l’intrigue : le peuple de la forêt contre les méchants bulldozers sans pitié qui veulent la raser. Preuve que mon ami Bertrand à raison : l’essentiel n’est pas tant de créer une histoire que la façon de la raconter. Donc oui, Avatar exploite remet fort bien à jour une intrigue vue et revue.
Malheureusement, ce nouveau film de tous les records ne se contente pas de nous conter une belle histoire. Au premier degré, il aurait pu être parfaitement distrayant. Mais James Cameron a cru utile de surfer sur la vague écolo-repentante, ce qui lui a d’ailleurs probablement profité en termes de notoriété. Les ficelles sont énormes : il nous ressort le mythe de Gaïa, il nous vend de la communion de la race dominante avec chaque spécimen sauvage, le tout avec un rien de communautarisme agrémenté d’un soupçon de
J’ai toujours eu un problème avec les phénomènes de mode. Sans doute un sursaut d’orgueil mal placé, mais je n’arrive que difficilement à me joindre aux grands mouvements populaires, sauf lorsqu’ils sont indiscutables comme le succès de Thriller, l’horreur du 11-septembre ou les élans solidaires après le Tsunami.
Et Avatar ne fait pas exception. A l’évidence les images sont magnifiques, mais cela fait un moment que l’on sait qu’une image somptueuse ne suffit pas à faire une oeuvre inoubliable. Sinon les plans au ralenti sur les cuisses d’Erika Eleniak courant dans les vagues auraient suffi à faire un chef d’oeuvre d’Alerte à Malibu.
L’histoire d’Avatar, même sans avoir vu le film, vous la connaissez. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore vu mais comptez y aller, je vous encourage à cesser la lecture de ce texte. Bref, vous connaissez l’intrigue d’Avatar pour peu que vous ayez déjà vu un épisode de Georges de la Jungle : le peuple de la forêt contre les méchants bulldozers sans pitié qui veulent la raser. Preuve que mon ami Bertrand à raison, l’essentiel n’est pas tant dans l’originalité de l’histoire que dans la façon de la raconter. Donc oui, Avatar remet fort bien à jour une intrigue vue et revue.
Malheureusement, ce nouveau film de tous les records ne se contente pas de nous conter une belle histoire. Au premier degré, il aurait pu être parfaitement distrayant. Mais James Cameron a cru utile de surfer sur la vague écolo-repentante, ce qui lui a d’ailleurs probablement profité en termes de notoriété. Les ficelles sont énormes : les arbres sont liés entre eux et forment quelque réseau quasi-neuronal vivant, c’est le mythe de Gaïa ! Chacun des êtres bleus est doté d’une (dégoûtante) sorte de prise USB dans sa tignasse pour se connecter à tout autre spécimen vivant : la race dominante doit humblement communier avec les espèces. Même le cliché du dicton prétendument indien ne nous est pas épargné (“Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents mais l’empruntons à nos enfants”), à ceci près qu’il s’agit, lors de son trépas, de “rendre l’énergie que l’on nous a prêtée”. Il vante le communautarisme et, plus sournoisement, nous invite, nous occidentaux, à la repentance. Aucun lieu commun ne nous sera épargné.
Je vais peut-être loin, mais je constate : chaque scène dont l’action se situe dans la forêt inviolée est ponctuée d’une musique tribale. Indiens ou africains, ces chants s’associent à des instants heureux ou amusants prenant place dans le monde écolo des Navi (les personnages bleus) alors que les scènes de destruction causée par les méchants sont mises en musique par des orchestrations occidentales. C’est de la manipulation à l’état pur, comme une chanson de Pierre Perret, qui nous conduit à conclure que notre culture est destructrice, invasive et barbare. J’avoue toutefois que ce n’est pas précisément ce qui me vient à l’esprit à la lecture de Baudelaire ou à l’écoute d’un concerto Brandebourgeois…
Bref, Cameron nous fait son Arthus-Bertrand, mais cette bonne conscience forcée mélangée à la coûteuse débauche d’effets spéciaux et aux enjeux et retombées financiers autour du film rendent le message bien peu crédible. Dommage. Heureusement, les images sont belles.