Stay hungry !

Category : Communication, Interactions, Société

Steve Jobs concluait son célèbre discours de début d’année à Stanford par une injonction venue du fond de son enfance :

Stay Foolish, stay hungry !

Restez fous, restez affamés ! Il faut savoir conserver, expliquait-il, cette envie dévorante, cette soif ultime de faire, d’aller plus haut, de tenter. Bien sur, c’est une attitude typiquement américaine, mais faut-il la rejeter pour autant ? Les américains osent tout, et surtout ils ont cet avantage sur nous d’accepter l’échec. Ils le reconnaissent comme une étape vers l’objectif, sans le marquer du sceau de l’infamie.

Alors oui, on peut se permettre de toujours aller de l’avant. C’est même un devoir. Continue Reading

Coupe du Monde : A mort le facteur !

Category : Communication, Interactions, Médias, Polémiques, Société

La déchéance de l’équipe de France lors de cette Coupe du Monde de Football fait les beaux jours de la presse, des chansonniers, des sociologues et philosophes de tout poil. Mais il reste un aspect de cette affaire qui me semble être passé quelque peu inaperçu.

C’est un aspect qui n’est évoqué que rapidement, au détour d’une ligne comme dans ce papier qui cite Evra : “Le groupe n’est pas sain puisqu’il y a quelqu’un qui sort toutes les infos. Il faut éliminer le traître du vestiaire”. En d’autres termes, ce qui est dit dans le vestiaire doit y rester et ne peut pas avoir de conséquences. Les joueurs le disent, il s’agit d’événements qui “n’appartiennent qu’au vestiaire”. Une sorte d’immunité diplomatique, le vestiaire est comme une ambassade : un territoire étranger au sein d’un autre pays, avec ses propres lois.
Selon ce même raisonnement, ce qui se passe dans la sphère privée ne devrait pas avoir de conséquences, les femmes battues apprécieront. Continue Reading

Résistance au changement

Category : Communication, Interactions, Polémiques, Société

Tout ce qui résiste est vivant, parait-il. Je ne sais plus quel chercheur a le premier formalisé cette idée, mais elle semble raisonnable : résister, c’est se maintenir l’état actuel, et en quelque sorte se préserver. Instinct de conservation. Mais peut-on appliquer le même principe aux organisation humaines, surtout lorsque ces organisations sont des institutions ?

On sait déjà qu’elles sont inhumaines ;-) , mais sont elles vivantes ? Manifestement, oui. C’est d’ailleurs ce que propose cet auteur lorsqu’il écrit que l’organisation (…) n’est pas faite pour changer mais pour exécuter inlassablement. Et c’est malheureusement là une vérité, un truisme absolu. Combien  de cadres ou de responsables de département se sont trouvés mis à un poste pour amener du sang neuf, mais en même temps ont été bridés/brimés/brisés pour avoir osé sortir des sentiers balisés ?

Comment expliquer des incohérences comme “On a besoin de votre expérience” mais “Ca marche pas comme ça ici”, comme “Tu es le chef, on fait comme tu le sens” mais “J’ai appelé ton prédécesseur hier soir pour savoir”. Ce n’est pas tellement différent du “principe Microsoft”. Pourquoi s’évertuer à acheter à un prix exubérant des produits Microsoft ? Il est connu depuis longtemps que ce ne sont ni les moins chers, ni les plus performants, ni les plus faciles à prendre en main. Moult études ont établi que les solutions Microsoft ont des coûts induits supérieurs à celles d’Apple et a fortiori du monde Linux.

Alors donc pourquoi ? Pourquoi perpétuer ce non sens ? Eh bien simplement parce que personne ne s’est jamais fait virer pour avoir acheté du Microsoft. Parce qu’on a toujours fait comme ça, et d’ailleurs tout le monde fait comme ça… Les questions annexes n’entrent pas en ligne de compte ici. Indépendamment de l’éditeur retenu, les services d’accompagnement traditionnellement demandés (formation, mise à jour, installation, hotline, accompagnement etc. qui confinent à l’obligation de résultat) sont exigibles de la même façon. La situation perdure simplement par précaution. Ne prenons pas de risque, ne changeons pas une équipe qui gagne : statu quo.

Seulement, voilà : cette approche est l’antithèse de l’évolution. Et on sait depuis Darwin qu’évoluer, c’est la meilleure façon (et peut-être même la seule) de durer. L’équipe qui gagne devient une équipe qui stagne, alors que les autres s’adaptent. Relativement, c’est une régression. Et puis vient le temps de l’étonnement : on a recruté un spécialiste et pourtant la situation n’a pas évolué en notre faveur. Pourtant, on lui a bien expliqué comment ça marche, ici.