Tout ce qui résiste est vivant, parait-il. Je ne sais plus quel chercheur a le premier formalisé cette idée, mais elle semble raisonnable : résister, c’est se maintenir l’état actuel, et en quelque sorte se préserver. Instinct de conservation. Mais peut-on appliquer le même principe aux organisation humaines, surtout lorsque ces organisations sont des institutions ?
On sait déjà qu’elles sont inhumaines
, mais sont elles vivantes ? Manifestement, oui. C’est d’ailleurs ce que propose cet auteur lorsqu’il écrit que l’organisation (…) n’est pas faite pour changer mais pour exécuter inlassablement. Et c’est malheureusement là une vérité, un truisme absolu. Combien de cadres ou de responsables de département se sont trouvés mis à un poste pour amener du sang neuf, mais en même temps ont été bridés/brimés/brisés pour avoir osé sortir des sentiers balisés ?
Comment expliquer des incohérences comme “On a besoin de votre expérience” mais “Ca marche pas comme ça ici”, comme “Tu es le chef, on fait comme tu le sens” mais “J’ai appelé ton prédécesseur hier soir pour savoir”. Ce n’est pas tellement différent du “principe Microsoft”. Pourquoi s’évertuer à acheter à un prix exubérant des produits Microsoft ? Il est connu depuis longtemps que ce ne sont ni les moins chers, ni les plus performants, ni les plus faciles à prendre en main. Moult études ont établi que les solutions Microsoft ont des coûts induits supérieurs à celles d’Apple et a fortiori du monde Linux.
Alors donc pourquoi ? Pourquoi perpétuer ce non sens ? Eh bien simplement parce que personne ne s’est jamais fait virer pour avoir acheté du Microsoft. Parce qu’on a toujours fait comme ça, et d’ailleurs tout le monde fait comme ça… Les questions annexes n’entrent pas en ligne de compte ici. Indépendamment de l’éditeur retenu, les services d’accompagnement traditionnellement demandés (formation, mise à jour, installation, hotline, accompagnement etc. qui confinent à l’obligation de résultat) sont exigibles de la même façon. La situation perdure simplement par précaution. Ne prenons pas de risque, ne changeons pas une équipe qui gagne : statu quo.
Seulement, voilà : cette approche est l’antithèse de l’évolution. Et on sait depuis Darwin qu’évoluer, c’est la meilleure façon (et peut-être même la seule) de durer. L’équipe qui gagne devient une équipe qui stagne, alors que les autres s’adaptent. Relativement, c’est une régression. Et puis vient le temps de l’étonnement : on a recruté un spécialiste et pourtant la situation n’a pas évolué en notre faveur. Pourtant, on lui a bien expliqué comment ça marche, ici.











Un dicton plus approprié : on ne change pas une équipe qui n’a pas tout perdu.
Mais quand on est mauvais, et immobile, cela s’applique aussi ?? Balayer devant sa porte…