C’est la guerre ! Entre Facebook, le vétéran et Twitter, l’outsider, les hostilités ont commencé. Facebook a lancé diverses offensives dont le fameux projet Facebook Light. Cette version du site se concentrerait sur les fonctions essentielles : publier un texte bref et accepter des mises en relation avec d’autres usagers. Autrement dit, Facebook copie allègrement les fonctions de Twitter et va à l’encontre de ce qui a fait une grande part de son succès : les applications complémentaires.

Facebook est envahi
Ces applications sont parfois amusantes mais souvent envahissantes, avec une mention spéciale pour les tests et la “Météo du Moral”. A chaque utilisation de ces applications par l’un de vos contacts, vos pages sont polluées par des placards énormes décorés de pictogrammes criards figurant un soleil qui rit bêtement, un nuage moche qui pleure… Ca rend les pages illisibles, ça met des heures à charger et ça brouille complètement la lecture.
A l’inverse de ce côté sapin de Noël, Twitter est sobre, presque austère : 140 caractères, 20 de moins qu’un SMS. De l’information, rien que de l’information. Pourtant, des systèmes sont apparus pour, moyennant un lien de quelques caractères, enrichir les messages de photos, vidéos, sons etc. Depuis peu, un nouveau site est apparu. Après Twitpic pour les images, Twitvid pour les vidéos, Tweetmic ou Twaud.io pour les sons, il existe désormais twitlonger.com pour dépasser la limite de 140 signes, qui obligeait pourtant à une concision salvatrice.
Nous ne savons pas rationner notre communication
Chaque système va finalement vers l’autre : Facebook s’allège et Twitter devient multimédia, sans pour autant s’encombrer des horripilantes applications. Pourtant applications, photos ou autres vidéos n’ont qu’un objectif : communiquer, donner davantage d’informations.
En effet, les humains ne savent pas rationner leur communication. Sauf lorsqu’ils utilisent le télégraphe, le SMS ou les petites annonces. Dans tous ces cas, ils cherchent à réduire le “coût au mot” : autrement dit en l’absence de sanction (financière dans les pays civilisés, physique en Birmanie) l’humain parle. Reste à savoir si ce qu’il dit est pertinent…
Mais si Facebook et ses applications permettent de parler pour ne rien dire, si Twitter permet d’être redondant ou complet en ajoutant l’image au texte, quel est donc le format idéal de l’expression sur internet ? La réponse est à chercher du côté des blogs qui, eux, ne sont limités ni en longueur des posts ni en enrichissements multimédia.
Selon les statistiques de Modern Life la longueur moyenne des posts se situe entre 100 et 250 mots pour les blogs les plus populaires. Evidemment, à chaque blog sa spécialité. Un blog people aura davantage besoin de photos que de mots, alors que les textes d’un chercheur ou d’un essayiste s’étendront.
On en revient donc à la notion de spécialisation : chaque type de message aura son format et ses codes. Le problème de Facebook, c’est qu’il y a pléthore de formats “physiques”, autant ou presque de de petites applications générant une publication. De plus le système de bride pas les usagers (tant mieux) mais eux-mêmes n’ont pas de “ligne éditoriale” à laquelle se tenir ni de lectorat cohérent auquel s’adresser. C’est peut-être pour ça que les espaces d’expression de Facebook s’appellent Murs : parce qu’ils finissent couverts de tags anarchiques.
La majorité des outils d’expression du net permet de communiquer. Pas de savoir communiquer. Ca, c’est un métier. De là à penser que certains outils permettent de parler même quand on n’a rien à dire… Le medium est bien le message, finalement !