Coupe du Monde : A mort le facteur !

Category : Communication, Interactions, Médias, Polémiques, Société

La déchéance de l’équipe de France lors de cette Coupe du Monde de Football fait les beaux jours de la presse, des chansonniers, des sociologues et philosophes de tout poil. Mais il reste un aspect de cette affaire qui me semble être passé quelque peu inaperçu.

C’est un aspect qui n’est évoqué que rapidement, au détour d’une ligne comme dans ce papier qui cite Evra : “Le groupe n’est pas sain puisqu’il y a quelqu’un qui sort toutes les infos. Il faut éliminer le traître du vestiaire”. En d’autres termes, ce qui est dit dans le vestiaire doit y rester et ne peut pas avoir de conséquences. Les joueurs le disent, il s’agit d’événements qui “n’appartiennent qu’au vestiaire”. Une sorte d’immunité diplomatique, le vestiaire est comme une ambassade : un territoire étranger au sein d’un autre pays, avec ses propres lois.
Selon ce même raisonnement, ce qui se passe dans la sphère privée ne devrait pas avoir de conséquences, les femmes battues apprécieront. Continue Reading

Coupe du Monde : les filles s’en bran… !

Category : Communication, Médias, Société

La communication conjoncturelle, c’est l’art de rebondir sur un sujet d’actualité pour en faire un argument de vente. Exemple.

Actualité oblige

On n’a pas dit que ça devait rester élégant, hein…

La rumeur Reiss

Category : Médias, Polémiques, Société

Personne ne conteste qu’il existe en France un statut d’ex-otage. Leurs noms résonnent encore en nos mémoires bien des années après leur enlèvement. Kauffmann, Carton, Fontaine, Aubenas, Betancourt… Autant de noms devenus célèbres contre le gré de leurs porteurs.

A cause de ce qu’ils ont vécu, les otages ont gagné une forme de respect protecteur dû aux victimes, qu’on ne saurait leur refuser. D’ailleurs, et loin de moi l’idée de contester le bien-fondé de ce traitement médiatique, ils sont souvent présentés en tant que telles, que victimes d’une injustice flagrante. L’image quasi-biblique de Clotilde Reiss, les cheveux couverts d’un voile, les yeux levés comme implorants vers ses juges a été sur-exploitée pour sa force évocatrice. Contrainte, supplique, jeunesse : la jeune femme présente l’avantage d’avoir des traits fins et un visage pur, ce qui renforce le caractère insupportable des brimades qu’on lui a infligées.

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Séguéla, habitué des bordels

Category : Médias, Polémiques

Pauvre Jacques, drapé dans sa dignité tel une diva putassière s’encombre de principes pour faire croire à sa réputation. Le voici sursautant, ahanant les pires inepties pour grappiller encore un peu de présence. Une caméra, s’il vous plait. Rien qu’une petite. Même une webcam, même pour un skyblog mais une caméra !

“Ne dites pas à ma mère que je suis dans la pub, elle me croit pianiste dans un bordel” écrivait-il lorsqu’il avait encore le sens de la communication, lorsqu’il était hype. Mais on le sentait venir. Cela fait longtemps qu’il dit à qui veut l’entendre que “elles n’étaient pas si mal, ces années 80″, comme pour reconquérir le statut qui fut le sien lors des années les plus glauques de la Mitterrandie.

Il n’a pas changé et prône toujours le retour en arrière, comme aujourd’hui avec le boycott de Google. Preuve qu’il n’a rien compris. Preuve que les concepts les plus élémentaires du traitement de l’information lui sont totalement étrangers. Dur-dur pour un prétendu pro de la communication. Encore plus dur pour un type qui se veut moderne et cool de prouver qu’il est dépassé au point de ne pouvoir proposer qu’un retour en arrière.

Allez Jacques, retourne dans ta cabine à UV et laisse-moi me dire qu’il faut que je change de métier avant d’avoir ton âge.

Facebook : parler quand on n’a rien à dire

Category : Médias, Société

C’est la guerre ! Entre Facebook, le vétéran et Twitter, l’outsider, les hostilités ont commencé. Facebook a lancé diverses offensives dont le fameux projet Facebook Light. Cette version du site se concentrerait sur les fonctions essentielles : publier un texte bref et accepter des mises en relation avec d’autres usagers. Autrement dit, Facebook copie allègrement les fonctions de Twitter et va à l’encontre de ce qui a fait une grande part de son succès : les applications complémentaires.

Facebook est envahi

Facebook est envahi

Ces applications sont parfois amusantes mais souvent envahissantes, avec une mention spéciale pour les tests et la “Météo du Moral”. A chaque utilisation de ces applications par l’un de vos contacts, vos pages sont polluées par des placards énormes décorés de pictogrammes criards figurant un soleil qui rit bêtement, un nuage moche qui pleure… Ca rend les pages illisibles, ça met des heures à charger et ça brouille complètement la lecture.

A l’inverse de ce côté sapin de Noël, Twitter est sobre, presque austère : 140 caractères, 20 de moins qu’un SMS. De l’information, rien que de l’information. Pourtant, des systèmes sont apparus pour, moyennant un lien de quelques caractères, enrichir les messages de photos, vidéos, sons etc. Depuis peu, un nouveau site est apparu. Après Twitpic pour les images, Twitvid pour les vidéos, Tweetmic ou Twaud.io pour les sons, il existe désormais twitlonger.com pour dépasser la limite de 140 signes, qui obligeait pourtant à une concision salvatrice.

Nous ne savons pas rationner notre communication

Chaque système va finalement vers l’autre : Facebook s’allège et Twitter devient multimédia, sans pour autant s’encombrer des horripilantes applications. Pourtant applications, photos ou autres vidéos n’ont qu’un objectif : communiquer, donner davantage d’informations.

En effet, les humains ne savent pas rationner leur communication. Sauf lorsqu’ils utilisent le télégraphe, le SMS ou les petites annonces. Dans tous ces cas, ils cherchent à réduire le “coût au mot” : autrement dit en l’absence de sanction (financière dans les pays civilisés, physique en Birmanie) l’humain parle. Reste à savoir si ce qu’il dit est pertinent…
Mais si Facebook et ses applications permettent de parler pour ne rien dire, si Twitter permet d’être redondant ou complet en ajoutant l’image au texte, quel est donc le format idéal de l’expression sur internet ? La réponse est à chercher du côté des blogs qui, eux, ne sont limités ni en longueur des posts ni en enrichissements multimédia.

Selon les statistiques de Modern Life la longueur moyenne des posts se situe entre 100 et 250 mots pour les blogs les plus populaires. Evidemment, à chaque blog sa spécialité. Un blog people aura davantage besoin de photos que de mots, alors que les textes d’un chercheur ou d’un essayiste s’étendront.

On en revient donc à la notion de spécialisation : chaque type de message aura son format et ses codes. Le problème de Facebook, c’est qu’il y a pléthore de formats “physiques”, autant ou presque de de petites applications générant une publication. De plus le système de bride pas les usagers (tant mieux) mais eux-mêmes n’ont pas de “ligne éditoriale” à laquelle se tenir ni de lectorat cohérent auquel s’adresser. C’est peut-être pour ça que les espaces d’expression de Facebook s’appellent Murs : parce qu’ils finissent couverts de tags anarchiques.

La majorité des outils d’expression du net permet de communiquer. Pas de savoir communiquer. Ca, c’est un métier. De là à penser que certains outils permettent de parler même quand on n’a rien à dire… Le medium est bien le message, finalement !


Les aléas du direct

Category : Communication, Médias

rameur

Ca rame dur chez TF1 !

C’est pourtant de notoriété publique, voire même mondialement connu : Michael Jackson est mort. Par ailleurs, cela fait quelques millénaires que l’humanité a pour coutume d’offrir des funérailles à ses défunts. Dès lors, on pouvait valablement supposer que Michael Jackson aurait droit à une cérémonie funéraire.

Pourtant, TF1 a eu l’air complètement prise au dépourvu, voire carrément dépassée par les événements. En première partie de la couverture des obsèques, Jean-Claude Narcy dans le rôle du successeur de Léon Zitrone et de Jean-Claude Brialy. Dans le rôle du consultant, une pointure, une vedette maison, un musicologue de premier ordre : Nikos Aliagas. Arrêtez de rire. Son titre de gloire ? Il a reçu Mariah Carey qui, justement, va chanter pour MJ.

Deuxième partie de soirée, dès 20h Laurence Ferrari prend les commandes… Et les recettes de Narcy : “Tiens, quelqu’un s’approche du micro, il va sans doute dire quelque chose”. Ses invités à elle : Roberto Alagna, parce qu’il a chanté une fois dans le même concert de charité que MJ, une dame botoxée/collagénisée à la larme facile, “l’une de ses productrices françaises en 1992″ et Olivier Cachin, l’ex-enfant-du-rock et auteur d’une biographie. Mention spéciale pour ce dernier qui s’est épuisé à rétablir un minimum de précision dans ce festival d’improvisations (“Euh non, Laurence, la chanson pour son ami décédé c’est Gone too soon, pas Will you be there“.)

Allez, faisons-nous plaisir avec quelques morceaux choisis :

- J.-C. Narcy :  ”Ah, voici un pasteur…
- Une voix non identifiée : “Euh, non, c’est Berry Gordy, le fondateur de la Motown.
- Narcy : “Ah bon ? Mais ils avaient dit qu’il y aurait un pasteur.”

Le traducteur, après avoir raté les 2/3 de l’intervention de Stevie Wonder :
- “Michael je t’aime, et je te l’ai dit, je…  Eh ! Là j’entends rien, là. J’ai même pas le son !”

- L. Ferrari : “Alors, Roberto Alagna, Miquaèl Jaquessonne meurt alors que l’industrie du disque est moribonde, c’est un signe ?
- R. Alagna : “Euh… Peut être, au moins il est mort avant d’avoir perdu sa voix, ce qui est la pire chose qui arrive aux chanteurs”.
- L. Ferrari : “Merci Olivier Cachin, une bien belle phrase.”

Après un naufrage pareil, et considérant la puissance potentielle de TF1, je me demande vraiment si la “une” n’est pas encore plus en crise qu’on le dit.

Grosse ficelle

Category : Audimat, Société

J’écrivais dans le précédent post que la création d’un message publicitaire était affaire de spécialiste. Voilà ce qui se passe lorsque l’on traite la question par-dessus la jambe : c’est grossier et vulgaire.

En plus, on voit bien que cette jeune femme n’a pas que le gazon, de synthétique…

Communique ta race

Category : Polémiques, Société

Pour plusieurs raisons, la communication est un métier à haut risque. Tout d’abord parce qu’il expose et fait s’exposer. Et ensuite, parce que sa complexité est sous-estimée. Tout le monde sait parler, quelques-uns connaissent l’option WordArt de Word, cela semble suffire à faire de tout-un-chacun un mini-publicitaire, éditeur, ou graphiste.

Le sens de la formule : tout le monde ne l'a pas

Le sens de la formule : tout le monde ne l'a pas

C’est un peu court, et c’est aussi oublier que tout semble facile quand on voit quelqu’un du métier le réaliser. Monter un mur, c’est super simple quand on regarde un maçon ; et jouer du violoncelle, n’en parlons pas : regardez Rostropovitch, il n’avait pas l’air de se donner du mal.

Au nombre des conditions qui font un bon communiquant, il y a les réflexes correspondant à sa spécialité. Un dircom ne se comportera pas comme un publicitaire ni comme un responsable d’agence de presse. Mais il y a un tronc commun : il faut être imaginatif, réactif et surtout, avoir une « culture de l’actualité ».

Même s’il est trop tôt pour dire si la démarche aura du succès, Kodak vient de tenter un coup assez bien ficelé, rapporté par le site belge 7sur7.be qui, justement fait appel à ces principes.

Voici l’histoire : vous savez peut-être que Megan Fox, révélée par son rôle dans Transformers est considérée comme l’une des, voire la femme la plus sexy du monde. Or, Transformers 2 étant sur les écrans, la belle est de toutes les promos.

Mais, drame absolu, elle a ignoré lors d’un tapis rouge un pauvre enfant qui tentait de lui offrir une rose. Evidemment, “une certaine presse” en a fait ses choux gras : l’actrice méprise son public et le jeune admirateur est définitivement meurtri par ce vent magistral que lui a infligé Megan.

Kodak arrive à la rescousse, en offrant 5000 dollars à quiconque identifiera l’enfant (avant son suicide). A celui-ci, la firme US offrira un voyage aux états-unis pour rencontrer la star et… Un appareil photo pour immortaliser l’événement.

Dans cette affaire, il y a deux éléments à noter : l’idée des conseils en comunication de Kodak et surtout, la volonté de jouer le jeu. Le plus difficile n’est pas autant d’avoir l’idée que d’avoir un client ou une direction suffisamment intelligent pour jouer le jeu.

Le tri par l’entropie

Category : Polémiques

Comme bien des concepts, l’entropie prend tout son intérêt lorsqu’on la détourne. Pour sa définition et son champ d’application premiers, je vous renvoie à l’incontournable wikipedia. Le père de l’entropie, Claude Shannon, est un mathématicien. De ce fait, si vous êtes un individu standard qui a gentiment arrêté les maths après le Bac, les explications du lien ci-dessus ont du vous laisser songeur.

Alors je vous livre ma version propre de la définition de l’entropie. Shannon la caractérise comme étant la quantité d’information contenue dans un message. Il introduit en outre la notion d’incertitude : moins on “s’attend” à la prochaine information, plus elle est informative.

Dans la vision de Shannon, message et information sont à considérer sous l’angle désormais “informatique” : octets, bits etc. L’information sous sa forme la plus simple étant le bit (0 ou 1).

Dans la vision de Giusti, l’entropie peut également s’appliquer aux interventions d’un individu. Est-il vraiment intéressant que ce quidam venu de l’extérieur et dégoulinant sur le parquet de mon bureau précise “Il pleut” ? Incertitude de son message = 0. Il est redondant.

Le redondance est une chose, mais la vacuité informative en est une autre. Combien sont-ils à prendre la parole pour ne rien dire ? Leurs manifestations sont hilarantes, surtout dans le domaine professionnel. En effet, ici plus qu’ailleurs il paraît indispensable de savoir répondre. C’est un gage d’efficacité. Savoir, c’est avoir le pouvoir. C’est selon le même principe que ces vains imbéciles sont souvent les premiers à faire de la rétention d’information.

Comment les démasquer ? Simple. Fidèles à eux-mêmes, ils se sentent fréquemment une obligation de réponse, même si le sujet les dépasse. Et c’est là qu’ils se trahissent. Parce qu’ils se figurent prendre de l’importance en occupant l’espace sonore, en se faisant de la place en prenant la parole.  J’ai personnellement entendu certains de ces gens déclarer “Hmm. De toutes façons il faudra le faire. Ou pas. Mais on aura décidé“. Quel est le solde informatif de cette proposition ? Ne revient-elle pas à dire qu’on fera ce que l’on veut ? Chose inepte puisqu’évidente. Aucune information, aucun intérêt. Entropie 0.

Plus amusant encore, les interjections ou onomatoppées. Il y a les fameux “Mmm” avec lesquels on ponctue le discours d’un autre. Et puis surtout, les interventions. “Ah, oui oui, non non, c’est sûr“. Finalement c’est génial : cela consiste à faire croire que l’on comprend la problématique, qu’on approuve la solution et qu’on y est impliqué.

Cela fait longtemps que l’on sait l’importance du langage et de l’exposition à celui-ci dans le développement intellectuel. Les deux sont intimement mêlés. Mais à l’inverse, ne peut-on pas catégoriser les individus selon l’usage qu’ils font du langage ? On s’autorise déjà à juger selon un niveau lexical, pourquoi ne pas faire de même au niveau “utilitaire” ?

Dis-moi comment tu utilises le langage, je te dirai qui tu es. Parle-moi, et je saurai qui tu es.